Patrice ne bouge presque plus. Karine, elle, ne s'arrête jamais.
En France, 7 millions de personnes soutiennent un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie. 58 % sont des femmes (Drees, 2025). Karine est de celles-là : depuis l'AVC qui a laissé son mari lourdement handicapé il y a un an, à l’âge de 55 ans, ses journées sont devenues une course ininterrompue.
Délivrance de soins et de médicaments, vigilance constante alors qu'il ne peut plus ni parler, ni marcher, ni se nourrir, organisation permanente des allers et venues des soignants, à coordonner avec sa vie professionnelle : une charge mentale de tous les instants, dont elle est seule à tenir le fil. 
À cela s'ajoutent l'entretien de la ferme et la garde régulière de leur petite-fille, leur « rayon de soleil ».

Cet été, l'annonce de la fin de la rééducation en hôpital de jour, qui constituait ses seules heures de répit hebdomadaires, a fait basculer leur quotidien dans une crise sourde, faite de colère et d'épuisement. « On s'est toujours dit qu'il fallait aller au bout, en toute chose », dit-elle de leur couple. Une promesse qui a pris, cette année-là, un tout autre sens.

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